Le salut tibétain
La séance commence par le salut tibétain, c’est une prière, une louange. Il rejoint une de nos lignées car nous sommes proches des tibétains.
Il y a cette disponibilité et cette grande ouverture vers le haut, c’est un mouvement assez tribal. La prière a un mouvement vers le haut et une descente. Dans la descente il y a une demande. LA prière demande est souvent « occupes-toi de moi ». Demander une assurance sur la vie. Mais en fait quand on est dans cette prière on est là vers la Lumière qui nous éclaire. Donc cet appel vers la lumière on demande à avoir un esprit illuminé. On demande à ce que la lumière pénètre en nous. Et la lumière c’est une grâce qui nous est donnée gratuitement. C’est un mystère que cela nous soit donné alors que l’on n’a pas de mérite et pour d’autres c’est plus compliqué. Puis on oriente vers la sagesse et on demande c’avoir une vision sereine, un regard SAT et non pas ASATO et de cesser de croire que l’on est le centre du monde, avoir un regard qui pardonne et accueille. Nous avons tous une petite part de nous qui ne veut pas pardonner et la troisième demande est au niveau du cœur une demande de l’amour infini et c’est important on demande d’avoir un cœur de compassion. C’est que l’on soit là ensemble qui fait la beauté et la richesse de notre rencontre. C’est que nous sommes reliés ensemble et ça crée une énergie particulière, démultipliée. Les personnes ne font pas nombre. Et donc la prière non seulement c’est une grâce et elle est orientée, mais elle a aussi une raison, un pourquoi, un comment c’est le partage, la compassion être là pour l’autre, être là avec l’autre, en espérant la présence du TOUTAUTRE, de ELLUI, de l’infini. En fait c’est un rendez-vous. Un rendez-vous d’amour. C’est très proche de la méditation je ne fais pas une différence cartésienne entre les 2. Certains pratiquants pensent que la méditation prépare à la prière. Je pensais que c’était plutôt le contraire. C’est à dire on fait des rituels on chante des mantras et on entre en méditation, pour d’autres dans la méditation tout s’efface, le JE, le TU et c’est juste être là, et pour plusieurs c’est une rentrée vers une relation joyeuse et aimante, Samadhi disent les indiens.
Mère Divine
C’est un petit préambule pour arriver vers la prière Mère divine. Certains ont du mal avec le mot « mère », mais vous pouvez mettre un autre mot,. Ce qui est important avec le mot « Mère », comme dans le « Notre Père ». C’est établir une familiarité tendre, aimante, nourrissante, avec ce qui pourrait être si éloigné de nous… Et tout d’un coup on nomme cette Présence, Père, Mère, l’amant (prière à Krishna) ou l’amante… ça montre bien que ce qui anime le monde (Anima Mundi) c’est une force infinie. On l’appelle : Mère, Père, ABBA disait Jésus et ça choquait à l’époque car Dieu était ressenti comme un juge très loin .C’est l’histoire des religions, on ne pouvait pas parler de Dieu. C’est insaisissable et au cours des siècles l’image s’est modifiée, elle s’est rapprochée de nous.
Je vous suggère de faire ensemble cette prière « Mère divine »
Cette prière nous engage si on demande il se peut que l’on soit entendu. Oui, prend toute le place dans ma vie ça va très très loin on demande à être relié intimement tout le temps, prends toute la place dans le coeur c’est le centre de notre vie. On organise notre vie autour de ce cœur de notre cœur et dans nos actes c’est le karma yoga (Bhagavad gita ) aimer en acte et pas seulement en parole je dédie chacun de mes actes. Dans dialogue avec l’Ange il est dit dans chaque acte tu t’orientes, comme pour Arjuna. C’est toujours la même chose. Et mes pensées… quelque fois on oppose prière et pensée, prière et réflexion, acte de Dhi. La buddhi (à l’origine du mot bouddha) c’est le fait de se laisser éclairer dans son intellect (jnana yoga, c’est le yoga de la connaissance, étude, réflexion) c’est un des aspects que l’on a tendance à oublier. On confond le radotage du mental avec la clarté de la pensée. Et la nécessité de travailler intellectuellement, d’étudier. Cette prière change la vie. Et nous demandons à être délivrés de tout ce qui nous encombre, de tout ce qui entrave notre liberté, de tout ce qui est pervers. Dans le « Notre Père » c’est « délivre nous du mal » et dans le mot grec, fait appel à le « tordu » en araméen. On a vraiment besoin d’aide pour ne pas céder à ce qui nous tord et nous fait tort et qui nous enferme et nous met en enfer dans notre petit moi. C’est important de demander d’être délivré, par qui, par quoi ? C’est peut-être la Vie, notre gourou intérieur…on ne sait pas mais on s’adresse à quelqu’un, on a une orientation. Cela m’amène à vous parler d’Ajit. C’est un ami très cher. J’en parlerai sans doute à l’intérieur d’un stage, Si j’ai une demande je ferais un enseignement sur les 2 prières chrétiennes ( Le « Notre Père » et » je vous salue Marie ») en lien avec le yoga. Et je peux également consacrer un temps pour évoquer Ajit (et toute cette lignée Ajit était presque l’enfant adoptif de Gabriel qui était très ami avec son père. J’ai envoyé le lien avec le livre de Gabriel « Qui est ton maître » il y a toute l’histoire du père d’Ajit et plein de liens. Ajit est venu en France grâce à Gabriel. Il est venu très tôt à Roscoff.
Ce qui le caractérise c’est un vrai disciple toujours dans l’action. Sa prière est l’action. Il se donnait complètement avec ce qu’il faisait au service de la Voie. Il était complètement UN.
La prière est un sujet tellement vaste que l’on peut dire tout et son contraire. Je reviens à la prière universelle en fait la datation de l’être humain se fait lorsqu’ils ont des rites funéraires. Les rites sont une forme de prière On ne jette pas la dépouille de celui qui a quitté son corps. Souvent c’est l’épreuve qui nous met dans la prière. si on connait quelqu’un qui est très malade on dit « Mon Dieu, pourvu qu’il s’en sorte ». C’est spontané Cela ne veut pas dire que l’on croit en Dieu. On ne sait pas quoi mais on s’adresse mais on se relie à une sorte d’instance pour se relier et traverser l’épreuve mais ça peut aussi être dans la joie. La joie nous met dans la gratitude l’émerveillement. C’est OH Ame du monde... on a une voix qui rassemble sur une seule vibration on ne peut pas rester longtemps en Pratyahara. Au lieu de dire on ne pense à rien, on partage la beauté et la bonté. et ce partage va vers la prière La prière peut être aussi une consolation. Mais il y a aussi une activité extérieure ensemble (mantras, cantiques, danse, lire des textes). Des textes deviennent sacrés car dits avec ferveur par tant de personnes. On se tourne vers et en fait cela rejoint le yoga : yama et niyama, pranayama (diriger l’énergie) et asana (se tenir, prier avec son corps). Dans la tradition islamique par ex, la prière est très liée au mouvement du corps : se tenir debout, se prosterner. Puis Pratyahara se retirer de tout ce qui peut nous distraire, est comme la méditation un mouvement centripète (on se fixe sur une vision, une vibration, au lieu de dire on ne pense à rien, on se concentre sur une chose. Gabriel disait ; prend une fleur, et on la regarde on voit sa tige, on se laisse complètement absorber, on tourne autour et on devient cette fleur. Devenir un lotus c’est faire son parcours de floraison. C’est extraordinaire que dans un bulbe qui ressemble à un oignon, il y a déjà les formes, les couleurs contenues et son parfum. Et qu’est ce qui fait grandir tout ça ? C‘est la lumière
Tout ça c’est dharana et à un moment on parvient à un point ultime EKam, ça se renverse et ça devient centrifuge. C’est à dire, ça devient contemplatif. On est plus resserré sur un point c’est dhyâna, c’est comme une sorte d’extase, on est là et il n’y a plus rien. On sent que l’on ne sent plus son corps. On est juste là, dans les bras du vent, de l’amour. Notre respiration se confond avec l’air qui est autour. Dans cette Présence c’est une sorte d’adoration pour prendre les mots de la prière dhyâna nous amène à Samadhi, c’est ne plus avoir de limites avec l’infini dans notre finitude et en même temps vibrer d’une telle joie que l’on devient créateur et repartir dans les yamas, niyama, c’est-à-dire que ça va s’investir dans la vie comme dans un mouvement d’évolution perpétuel. Il faut dire que Sri Aurobindo , Maître d’Ajit , qui est un peut mon maître aussi, était très influencé par Bergson et Teilhard de Chardin sur les théories de l’»évolution. J’essaie de faire un schéma par rapport au yoga et en même temps je me réfère à Jean Yves LELOUP qui disait que prier c’est se mette nu au soleil et se laisser ensoleillé prendre un bain de Présence. c’est farniente.
Je reviens à 4 aspects : La grâce, la relation, le pourquoi et le comment.
La grâce c’est le OH ! : OH TOI l’Au-delà de tout, Oh Ame du monde ...c’est le OH de l’émerveillement. La prière c’est tellement gratuit, gracieux, c’est une grâce qui descend en nous et qui nous permet de voir vraiment la petite bête sur le brin d’herbe ou d’entendre l’oiseau, c’est être vraiment là alors qu’on passe notre vie à courir en étant à moitié là. C’est un OH d’émerveillement, de célébration, de remercier c’est une gratitude, c’est gratuit ce n’est pas pour gagner des points pour aller au paradis. un émerveillement simple, être charmé par la beauté du monde, les tantriques parlent de l’émerveillement d ‘être, on s’étonne et on s’émerveille d’être là, reconnaissance. Voilà on est là dans la bible vivre c’est frémir d’Adonaï. On retrouve dans le cantique des cantiques. Ce sont les religions qui ont décrit l’émerveillement mais ce peut être aussi un grand savant ou un élève qui tout à coup a compris une formule.. Spinoza parle de la joie qui vient d’un accroissement de conscience. On voit les petits le vivent très fort quand ils ont réussi quelque chose. Ah lls ont une joie infinie. C’est voir l’énergie qui est à l’œuvre, une joie qui surgit sans pourquoi. C’est une joie qui surgit et qui sert toutes les âmes, passées, présentes, à venir c’est un cadeau. Donc le coté louange, gracieuse, quand dans la prière universelle on dit « donne-nous la foi » à qui on s’adresse ? Je ne dis pas la croyance, la foi en la vie. C’est vrai qu’une des plus grandes prières qu’on puisse faire c’est demander que chaque être aie au moins une fois dans sa vie, conscience qu’il y a un infini au cœur de lui, qu’il y a une Présence qui l’aime et qui l’attend et qu’il ne passe pas à côté. . Ça c’est vraiment prier pour tous les êtres. Mais on ne peut pas prendre conscience pour l’autre. On peut au moins demander que la proposition, la grâce lui soit faite.
Après le OH, il y a Anima Mundi, âme du monde, OH TOI... .Il y a un TU dans la prière, elle est orientée, elle s’adresse à plus grand que soi, ça nous décentre de l’enfermement dans notre petit moi et c’est fondamental autrement on tourne en rond dans son monde et on se cramponne « moi tout seul’ mais c’est impossible on est tous reliés, la planète, l’énergie, les vivants les morts. Le « moi tout seul » et complètement illusoire .Donc c’est un dialogue d’amour offrir et recevoir, offrir et recevoir l’amour. C’est le plus dur, recevoir d’être aimé. Dans toutes les religions c’est dévoyé. C’est pris en otage par les puissants, les riches, Cela devient des institutions, cela nous met dans la culpabilité. il n’y a plus d’amour mais de la crainte. Mais non c’est du lien tissé, c’est dire GAMAYA, guide moi, c’est se sentir accompagné, c’est aller au-delà de soi dans une invocation de CE qui nous dépasse comme quand on fait DEDIER, c’est à CELA qu’on s’adresse . On s’incline et en même temps ça nous redresse. C’est une rencontre qui nous donne le respect et l’amour de nous-même parce que nous somme nature de bouddha, fille et fils de Dieu. On devient ce que l’on est quand on ne reste pas enfermé en soi-même. C’est donc un dialogue perpétuel pour ne pas oublier l’essentiel, chacun à sa manière. Dans la Voie du cœur, je transmets à la manière de Mataji. Donc avec des mantras qui deviennent de plus en plus radioactifs parce que plus on les dit plus ils s’imprègnent dans les cellules. Je pense à ma mère qui aimait beaucoup les fleurs et quand elle faisait des bouquets elle faisait le salut tibétain.
Le pourquoi et le comment. Pourquoi pratiquer la prière la méditation c’est pour sortir de notre ego de notre enfermement, sortir de nos ornières dans lesquelles on retombe tout le temps. C’est la fameuse compulsion de répétition dont parle Freud. Et à chaque fois on y revient et on creuse. Alors il faut tracer une dérivation, tracer un sillon, un truc droit qu’on maitrise, c’est vouloir que ça soit comme ça. On trace et ça nous protège en particulier dans la mémoire. La prière hébraïque commence par « Sh’ma , Israel Adonai eloheinu, souviens-toi Israël ». En sanscrit c’est MNA, ce qui a donné amnésique, et c’est la sushumna, c’est se souvenir des belles choses. Su c’est comme sukha. Vous savez quand on dit qu’une posture doit être sukha, c’est-à-dire agréable, heureuse. C’est se souvenir avec un grand bonheur de notre nature profonde. On est ce fil tendu entre ciel et terre. Ce fil comme une tige, ce fil qui est au centre d’un tronc. La montée de la Kundalini c’est comme une sève qui monte et qui nous illumine, comme j’ai essayé de vous dire la tige de lotus. Donc c’est se souvenir, MNA c’est faire une trace et lutter contre l’oubli de l’essentiel. C’est parfois important d’apprendre par cœur alors que ça va au-delà des mots mais on crée une alliance, on crée des rites. Chacun ses rites. Mais on crée ce qui va nous faire souvenir du bonheur de l’essentiel plutôt que d’attendre d’être malheureux et de se dire « bon je vais revenir à l’essentiel, parce que je viens d’apprendre que je suis malade et que je n’en ai peut-être que pour quelques mois... ». C’est souvent comme cela qu’on vit. Dans le chagrin de ne pas pouvoir éviter la maladie d’une personne chère, on peut essayer de l’imaginer heureuse et cette prière est d’entourer la personne de bonheur. L’importance d’avoir quelqu’un à côté même sans rien faire. Être là pour l’autre, vers l’autre même sans rien faire, démuni, mais c’est aussi d’être au RV avec le Tout Autre. Mettre le corps dans la prière, bouger, on connait les ablutions, on s’étire.. on a plein de petits rites du matin et le soir on est dans l’intimité, dans le secret, tout ça est lié au corps, on peut danser chanter...c’est une forme de prière. en fait c’est cultiver les rites comme des petites aides précieuses demander de l’aide aux anges, aux farfadets, aux aïeux... c’est veiller aussi .en même temps c’est travailler engagé dans une métanoïa et en même temps s’abandonner à ce qui vient en nous, expirer consciemment en voulant faire la place, se dépouiller en fait. On croit qu’on a expiré et en fait on en a gardé. Expirer, s’anéantir disent les soufis et s’ouvrir à l’inspiration qui vient. C’est extraordinaire cet air qui rentre en nous, cet air dans lequel nous baignons, sans que je fasse aucun effort, cet air qui nous traverse qui nous habite il chante en moi si je chante et ça se fait et donc c’est aussi ne rien faire, c’est être quiétiste. Ce mouvement des quiétistes c’est ceux qui n’étaient pas inquiets. Etre quiet c’est être tranquille. C’étaient des mystiques de l’époque de Fénelon et ça irritait énormément l’Eglise. Ils avaient un mantra qui était Dieu doux. Ça peut se faire sans effort c’est une grâce.. Et s’émerveiller de tout ça aide l’autre qui souffre à l’autre bout de la planète parce que si l’on fait fleurir le lotus ou si on répond à l’appel de la lumière en nous si on n’accepte de donner nos lumières , notre parfum, si on accepte d’être irrigués, on va pouvoir transformer l’atmosphère. On est responsables ensemble de fleurir.