Transcription d’un enseignement oral du 24 / 01 / 2021
Nous sommes des apprentis de l’amour. Dans cet apprentissage nous sommes amenés à tâtonner, rater, reprendre… Il est donc très important d’accepter d’être guidés. GAMAYA scande le mantra...
Je vais le commenter et cela va me permettre de revenir sur le thème de l’amour puisque c’est une roue ailée, c’est ce que nous avons fait quand on a pris la posture que j’appelle « dragon-oiseau ». Les ailes symbolisent l’amour qui s'exprime dans plusieurs dimensions. On représente Éros en Grèce avec des ailes car il a une dimension spirituelle. Après, à l’époque baroque, on a représenté Cupidon, vraiment affadi, voire perverti, comme des petits bébés tout nus avec des grosses fesses roses et des petites ailes qui voletaient au plafond. En Inde c'est un puissant Dieu : KAMA.
L’amour a de multiples plans, multiples images, de multiples rayons et ce n’est qu’au centre que l’on peut connaître l’Amour au-delà de tout. Mais en même temps on tourne dans les rayons un petit peu comme quand on danse dans le samsara, on fait tourner nos mains, nos bras, on fait tourner notre vie, on tourne aussi autour d’un cercle ensemble, on n’est pas tout seul. Tout ce que nous faisons, disons, vivons, se répercute sur les autres et à l’inverse, on tourne ensemble dans un grand rayon (dans la danse du Samsara). Nous sommes entre les rayons reliés ensemble, et au centre nous nous voyons en train d’évoluer dans notre opéra personnel, notre pièce de théâtre, à laquelle nous croyons fermement parce que nous devons nous y investir, nous y engager. En même temps du centre, nous voyons bien que nous sommes dans une sorte de pièce de théâtre dans laquelle nous jouons un rôle. Et ça nous permet ce fameux détachement.
Effondrement et ronde du samsara Je vous ai envoyé les 2 liens sur Colette POGGI que j’aime beaucoup qui est une sanskritiste, une amie d’Ajit et de Selvi, dont j’ai les 2 premiers livres qui sont très riches (l’un sur les œuvres de vie chez Maitre Eckhart et l’autre sur le sanskrit, souffle de lumière). Dans « la Bhagavad Gita ou l'art d'agir », elle parle de cet effondrement d’Arjuna qui a un moment ne veut plus combattre. Il se trouve sur le champ de bataille, il s’effondre et lâche son arc. C’est très important. En fait c’est après les paroles éclairantes de son cocher le Dieu Krishna qu’il remonte sur son char pour combattre, parce que son dharma, son Svadharma, son cosmos, dans lequel il est articulé, dans lequel il vit, est d’être un impeccable guerrier. Il combat pour une juste cause comme un chevalier. Quand Mataji expliquait ça, j’avais énormément de mal à comprendre que le Svadharma d’Arjuna était d’aller à la guerre. C’était l’époque où l’on disait « faites l’amour, pas la guerre ».
A certains moments on peut se trouver dans l’échec, ce n’est pas grave. Ce qui importe c’est d’entendre la voix qui nous guide (là c’est Arjuna qui entend Krishna) d’entendre que le karma yoga (yoga de l’action) est d’agir sans vouloir s’approprier les fruits de l’action. Qu’importe que nous réussissions ou pas. Ce qui importe c’est de poser un geste, une action, de se redresser. Je pense que dans notre balancement, dans notre danse de vie, il est important de tomber pour pouvoir se redresser, important de s’incliner pour pouvoir se remettre droit, de descendre et de remonter. C’est d’ailleurs la base de tous les mudras et enchaînements de mudra. Donc ne pas se sentir malheureux parce que l’on s’est effondré à certains moments. Dans la relation aimante on peut se rendre compte après coup, longtemps après coup, quand on a élevé des enfants par exemple, ou bien tout de suite dans l’instant, qu’on a pas été au point, on n’a pas été éclairé par l’amour au cœur de nous, l’ego a pris le dessus, en particulier on a voulu saisir, saisir l’autre, saisir l’instant, saisir l’amour, « en profiter »…
Ce n’est pas grave, il est toujours temps d’ouvrir les mains, de lâcher prise de revenir, avec vigilance, bien- veillance, bien- veuillance, c’est-à-dire une bonne volonté et dans veillance c’est veiller attentivement, être dans une vigilance. Veiller attentivement à se remettre au centre, au cœur.
On a fait un petit dérapage dans les rayons, on est dans le samsara, on est en apprentissage, on rate, ce n’est pas grave, on est relié au centre. On peut voir comme une roue de vélo, il y a plein de rayons dans tous les sens, avec un pneu qui ondule, qui n’est pas toujours droit. En fait quand on tourne on dessine une spirale car on ne revient jamais vraiment au même endroit. L’instant d’avant ne revient jamais, c’est pour cela qu’il est important d’être dans l’instant présent, mais tout de suite après il y a toujours un autre instant qui arrive. Donc l’instant est immobile mais il est porté par un courant.
En fait je suis en train de broder autour de ce texte, je vous le redis :
Tenir au centre d’une croix
La roue ailée des paradoxes
l’amour sans ruse et sans pitié
creuse un espace spiralé