Je Te salue Marie,

(réjouis-toi) comblée de grâce

Tu es bénie avec toutes les femmes

Et Jésus, l'enfant de ton ventre,

( le fruit de tes entrailles,

fructus ventri), est béni.

Sainte Marie, mère et fille de Dieu

prie pour nous, tes frères et sœurs

Maintenant et à l'heure

de notre mort (du grand passage)

Amen

 Version donnée par Georgette tonnelier  au Guerveur, et Dante


Je vous salue Marie, Χαῖρε Μαρία

Χαῖρε, Μαρία, κεχαριτωμένη
ὁ Κύριος μετὰ Σοῦ,
εὐλογημένη Σύ ἐν γυναιξί,
καί εὐλογημένος ὁ καρπός τῆς κοιλίας Σου, ὁ Ἰησοῦς.
Ἁγία Μαρία, Θεοτόκε,
πρέσϐευε ὑπέρ ἡμῶν τῶν ἁμαρτωλῶν,
νῦν καί ἐν τῃ ὥρᾳ τοῦ θανάτου ἡμῶν. Ἀμήν
αῖρε, κεχαριτωμένη Deux mots apparentés : χαίρω:  se réjouir χαριτόω : formé sur χαρις la grâce, gratifier, combler.


En grec,  les verbes de sentiment, exprimant une émotion, une surprise, une joie, sont construits avec une proposition complétive au participe (Luc manie très bien le grec)  On devrait donc traduire ici : « réjouissez vous d’être pleine de grâce » .

Le passage par le latin : « ave Maria gratia plena«  a fait perdre de vue cette particularité de langue. Saint Jérôme n’a pas pu traduire l’équivalent d’un participe parfait passif, puisque cela n’existe pas en latin. Saint Jérôme, dans la Vulgate, a utilisé un simple adjectif pour rendre cela : plena. Alors que dans le texte d’origine : on a l’invitation à se réjouir, la joie qui est une idée plus importante que la simple salutation (Ave en latin)

La prière que nous connaissons aujourd’hui (je vous salue Marie…) se compose de deux petits extraits de l’Évangile de Luc : la salutation de l’ange (1, 28) et la réponse d’Élisabeth à Marie (1, 42). Deux extraits dans lesquelles les paroles sont celles de l’ange (premier extrait, l’Annonciation ) et celles de Marie (deuxième extrait, la Visitation) .

Cette prière a connu une longue histoire et n’a été dite régulièrement par un grand nombre de gens sous la forme que nous lui connaissons, qu’à partir du Moyen Age (on a des témoignages du XIè siècle) . Ainsi transmise depuis des siècles et par l’intermédiaire du latin, elle peut nous faire oublier son sens si riche.

Bibliographie : . DELEBECQUE  Études sur le Grec du Nouveau Testament, Université de Provence, 1995).

Christian Bobin  parlant de sa mort (qui vient de survenir) après celle de son aimée, dans ce beau roman de deuil et joie,  La plus que vive  » page 101  :

« ,En attendant ce jour, je n'ai que cette terre pour réfléchir. En attendant, tout se passe ici, maintenant, comme dit la vieille prière : « maintenant et à l'heure de notre mort ». J'aime cette formule usée, vieillotte, ces trois mots agglomérés comme trois morceaux de cire fondue au bas d'un chandelier-  maintenant et à l'heure de notre mort- Le temps dans cette. prière n'est fait que de ces instants : l'instant présent et l'instant de mourir. L'avenir n'est rien. Le passé n'est rien . Il n'y a que l'instant présent, jusqu'à que celui-ci coïncide avec celui de notre mort. L'amour est encore la meilleure façon d'employer cet instant- une manière de séjourner auprès de ce que la vie a de plus faible et de plus doux »
 



Vergine Madre, figlia del tuo figlio DANTE

Nous sommes au Chant XXXIII du Paradis, le centième et dernier de toute la Divine Comédie.
« Vierge-mère, Fille de ton Fils,
humble et haute plus qu’aucune autre créature,
terme fixe de la volonté éternelle,

 Tu es celle qui as ennobli tellement
la nature humaine, que son auteur
n’a pas dédaigné de devenir son propre ouvrage.

 Dans ton sein s’est rallumé l’amour
dont la chaleur a fait ainsi germer
cette fleur dans la paix éternelle.

 Ici tu es pour nous un soleil de charité dans son midi,
et là-bas, parmi les mortels,
tu es une source vive d’espérance.

 En toi la miséricorde, en toi la pitié,
en toi la magnificence,
et tout ce qu’il y a de bon dans la créature.

Dante Alighieri (Florence, 1265 - Ravenne, 1321),
Divine Comédie , Paradis, chant XXXIII (versets de 1 à 21


Isis et Marie  des figures de la Mère Divine comme Durga, Pachamama etc

On demandait à Isis bonne fortune, chance, succès, santé, bonheur et, aussi, sagesse. Le culte isiaque a précédé, de loin, le culte chrétien marital en l'honneur de la Vierge Marie, Sainte Mère de Jésus, le Divin Enfant ; Isis est déesse, Marie est seulement sainte, quoique mère de Dieu fait chair. On a ce schéma qui établit des correspondances plausibles :

1 Isis Marie

2 déesse femme humaine mortelle

3 fille du dieu Geb et de la déesse Nout fille de Joaquim et Anne

4 épouse d'Osiris, dieu épouse de Joseph, humain

5 conception miraculeuse, immaculée conception miraculeuse, immaculée

6 naissance de l'Enfant-Dieu du nom d'Horus (Heru) naissance de l'Enfant-Dieu du nom de Jésus

7 Horus, roi d'Égypte, et tout Pharaon est Horus Jésus de Nazareth, roi des Juifs, l'Oint, le Messie

8 la Sainte Famille : Osiris-Isis-Horus la Sainte Famille : Joseph-Marie-Jésus

9 résurrection osirienne résurrection chrétienne

10 Horus-Roi (fils d’Isis) Christ-Roi (fils de Marie)

11 Isis, Souveraine des Cieux Marie, Reine des Cieux

12 Isis, la Dame (nebet) Marie, Notre-Dame

13 Isis, sa mère est Nout, Ciel Ascension de Marie au Ciel

14 Horus, Enfant divin unique d’Isis Jésus, Enfant divin unique de Marie

15 culte isiaque, forme de piété pharaonique culte marital, forme de piété chrétienne, catholique

16 icônes : Isis et l'Enfant divin Horus icônes : Marie et l'Enfant divin Jésus