Je fais le lien entre les viharas et la clé de vie. Nous avons fait ce mudra qui dessine comme une croix (on l’appelle aussi la croix de vie, et également le nœud d’Isis). Cette boucle, au départ était comme un nœud. Elle représente l’émergence de la terre qui sort du Nil. Après sa crue, il y avait comme une butte qui en sortait et c’était la seule terre où les êtres humains pouvaient vivre. Après ça s’agrandissait et devenait fertile. Ils étaient obligés de devenir une grande nation car ils devaient travailler ensemble. S’ils ne s’accordaient pas au niveau des terres émergées, ils allaient mourir de faim puisqu’ils étaient entourés de désert. Donc c’était un nœud pour relier en fait c’est la première croix de chrétiens coptes. Ça représente un visage. La vision du visage, des yeux de l’autre, son sourire et tout ce qui émane de lui éveille en nous la rencontre, la vie. On ne peut pas vivre sans ça et en ce moment on en parle beaucoup. Ce face à face avec l’autre qui n’est pas comme nous, l’autre, le différent. C’est une icône : dans la terminologie grecque le mot icône, utilisé pour les représentations de Jésus et des saints, c’est une fenêtre sur l’infini. C’est le contraire d’une idole. Jean Yves LELOUP développe cela très bien. L’idole nous arrête, l’icône nous fait passer au-delà. Quand nous faisons ce mudra « Clé de vie » nous appelons à l’amour. Pas seulement à l’amour absolu et infini, mais l’amour de êtres tels qu’ils sont, comme ils sont avec leurs petits défauts, qui nous les rendent si chers, qui font qu’ils sont uniques. C’est le lieu de l’amour. Levinas en a beaucoup parlé. Quand nous faisons ce mudra, c’est aussi l’endroit où nous sommes enracinés, comme une prise de terre ( au niveau énergétique) et nous créons un pont entre les différents plans.( physique, psychique, le plan de l’âme, spirituel, divin). On traduit parfois mudra par sceau. C’est ce qui nous permet d’affirmer concrètement dans un geste ou une suite de gestes, comme une danse, ce que j’appelle un pèlerinage., une marche, une démarche vers ce qui nous est cher et essentiel, dont on dessine différents plans. Cette clé de vie je l’ai reçue entre l’ascension et la pentecôte. C’est très important pour moi car j’ai dit au revoir à Gabriel Mono Herzen à l’ascension (date à laquelle il a quitté son corps) et je suis retournée hériter de sa bibliothèque d’alchimie à la pentecôte. Dans cette période je me suis sentie très en reliance. Ce mouvement est un mouvement d’ascension, un mouvement d’aspiration, d’élan dans l’amour et c’est un mouvement de redescente. Pratiquement tous les mudras s’articulent autour de ça. Celui la invite à créer un cosmos, un espace ou vivre, entre la rive Est  où étaient toutes les habitations et les cultures et la rive Ouest, où étaient les tombes et le culte des morts, entre le Nord et le Sud là où coulait le Nil qui est vraiment l’axe de vie, entre la terre et el ciel. Ça rejoint l’enseignement sur Shou – Nout – Geb. Le cosmos est un dharma (ce qui est juste et à sa place)

En Egypte à cette époque ils pétrissaient des figurines du dieu Osiris avec de l’argile de l’humus venant du Nil et plein de graines, ils l’arrosaient et il devenait tout vert, signe de printemps.